
On avait envie de descendre tranquillement une riviere amazonienne pendant quelques jours et c`est possible sur le Rio Mamore entre Puerto Villaroel et Trinidad ou entre Trinidad et Guyaramerin. On opte pour Puerto Villaroel et on achete le minimum vital sur le marche de Cochabamba : deux hamacs et une couverture negocies avec brio par Isabelle. Le marche est immense, avec des centaines d`echoppes qui vendent tout jusqu`au foetus de lama seche pour faire des offrandes (ou de la soupe?).
Direction Puerto Villaroel, on finit par trouver le bon bus qui en fait va jusqu`a Ivirgazama et de la c`est taxi. Il est annonce pour 11 heures et il part a 11h30 charge a 1/3, on n`ose pas y croire. On change de place avant meme le depart, je ne tiens pas entre deux rangees de sieges. On aurait pas du y croire!! Il s`arête au bout de 30 minutes pour faire le plein de passagers, ca prendra 1h30, ensuite des travaux sur la route nous bloquerons 1h30, et il faudra aussi s`arreter pour faire reparer une roue crevee (evidemment on a pas de roue de secours, re 45mn). Enfin on arrive a Ivirgazama et la c`est encore 30mn de taxi avec un chauffeur non bourre mais qui zigzague d`un cote a l`autre de la route (Isa en est encore crispee).
On finit par arriver vers 21 heures, mais il est trop tard pour aller voir s`il y a des bateaux. Lendemain matin reveil a 5h30 par la clairon de la caserne d`a cote qui fera des vocalises pendant ½ heure puis c`est tout l`hotel qui s`excite, et la fanfare de la meme caserne qui attaque les repetitions a 7 heures… Direction le port pour ne trouver qu`un petit bateau et la capitainerie qui nous informe qu`il n`y a pas de date de depart prevue. En fait a cette saison, les eaux sont tres basses et il n`y a pas de gros bateaux juste les petits pas rapides.
Seconde option : Trinidad (via Santa Cruz). Renseignements pris, les bus pour Santa Cruz passent vers 11h aux bords de la route devant Ivirgazama. A l`arret du bus, on nous informe (2 peruviens, Isa rale encore de les avoir ecoute) que les bus passent a 13 heures et qu`une autre option est d`aller a la tranca (peage avec militaires) 2 km plus loin faire du stop avec les routiers. On rejoint donc la tranca pour apprendre au bout d`une heure que les routiers n`ont pas le droit de prendre des passagers !!! Retour a l`arret du bus ou on peut au moins manger, un equatorien nous informe qu`en fait les bus ne passent pas avant 18h a cause des travaux sur la route, et qu`une autre option est le truffi (taxi collectif a 5 passagers) de ville en ville : re 2km pour atteindre l`arret des truffi. Et ca marche nickel, en 2 taxis on parcourt les 250km pour Santa Cruz. Dernier detail, pour rejoindre le terminal de bus, le plan du guide annonce 1km dans une direction, il est a 4 dans une autre direction, une bonne heure et demie de marche au total.
On saute dans une bus de nuit super confortable et on arrive a Trinidad, ville de tous nos espoirs. Apres un peu de repos et un passage a l`office du tourisme qui n`a aucune info sur les bateaux, on fait confiance au guide et on va a Puerto Varador (port numero 3) petit village 15km plus loin. Bon evidemment l`arret de micro cense etre a 1,5 pate de maisons du centre est a 2 gros km. Enfin on y arrive et on trouve un micro et une fois au port il n`y a que des chevres dans le lit de la riviere !!! La capitainerie est fermee. Il y a parait-il un port avec des bateaux un peu plus loin, on ne trouve qu`un bac (une heure de marche quand meme). Au retour la capitainerie est ouverte, on apprend qu`il faut aller a Puerto Alamacen (port numero 1, a 8 km de Trinidad) pour les infos. Au port numero 1, il n`y a pas d`eau non plus mais on apprend qu`il faut aller a Puerto Geralda (port numero 2 entre le 1 et le 3 que le guide ne cite meme pas) et qu`un bateau part le soir meme. Direction le port numero 2 completement paume a 6 km de la route principale accessible par un petit chemin boueux. A chaque fois, on marche, on attend une occas (taxi, micro, stop…). Au port numero 2, qui est juste une berge, il y a de l`eau et plein de bateaux (des rafiots et des barges en bois). Deux bateaux sont partis le jour meme (vendredi) dont celui qui devait partir le soir…Et a priori pas d`autres bateaux en partance avant la semaine suivante, mais quand ? Sauf un bateau citerne qui doit venir charger samedi et repartir aussitôt. Retour a Trinidad de nuit mais avec une piste.
Samedi, on trouve le numero de la capitainerie, on appelle, le bateau citerne est arrive, il repart bien le jour meme, on saute dans un taxi, on lui explique le chemin (il n`a jamais entendu parler du port) et il fait la gueule quand il voit le chemin boueux. Le bateau est la, les camions citerne prets a charger aussi, on y croit. On se renseigne, finalement il ne partira que dimanche ou lundi suivant l`humeur du capitaine, et il met 8 jours au lieu des 3/4 prevus a cause du niveau de l`eau.
Apres tant d`efforts et un beau jeu de pistes a travers une Bolivie authentique et sympathique loin des circuits touristiques, on jette l`eponge. 8 jours de bateau + les aleas, en plus des 8 jours de recherche effrenee, ca fait trop.
Grande deception mais c`est vraiment trop galere et incertain, et il y a tant d`autres choses a voir… On achete des billets pour Rurrenabaque au nord, depart prevu a 10h30 dimanche. Fin de l`episode bateau en amazonie.
Et bien non !!!!!
Il pleut toute la nuit, les routes sont detrempees et quand on arrive au terminal on apprend que le bus est reporte au lendemain 7h. Le bus, il aime pas les routes boueuses ! Pourvu que ca seche ! La bonne nouvelle c`est qu`on a le temps d`ecrire la chronique ! |